Comment je me suis équipé de panneaux photovoltaïques rapidement et bon marché

Alain Bourret, encouragé par un de ses amis, a participé à la formation « autoconsommation » organisée en juin 2021 par les Centrales Villageoises du Trièves. Fin septembre, son installation est en fonctionnement.

Récit de trois mois de préparation, de montage et de branchement, photos et graphiques à l’appui.

Tout commence au Jour J-3 mois

Un ami m’encourage à suivre un stage de formation à Roissard organisé par « les Centrales Villageoises du Trièves » (CVT). Il s’agit de produire une partie de ma consommation électrique et de faire l’installation moi-même : auto-consommation (partielle) et auto-construction. J’y vais le 19 juin 2021 à titre de curiosité. Non seulement ma curiosité est satisfaite, mais l’ambiance d’entraide des participants et l’argumentation des bénévoles de CVT me convainquent du sérieux de l’entreprise. De plus je remarque que la pose des panneaux sur le sol, réalisée en fin de stage, est rapide et simple.

Jours J-2,5 mois

Je passe une semaine à hésiter et avant de me décider, j’étudie ma consommation de l’année dernière. Grace à mon compteur Linky j’obtiens la structure de ma consommation : elle est maximum en été car j’ai du monde à cette saison et les ballons d’eau chaude électriques marchent à plein régime.

Le logiciel de l’INES (Institut National de l’Energie Solaire) me donne la production électrique possible à Chichilianne avec la géométrie de mon toit. J’opte ainsi pour 6 panneaux, car consommation et production mensuelles sont maximales en même temps et du même ordre de grandeur.
Je joins Benoît, bénévole de CVT, pour un devis et surtout le choix du matériel. Après quelques échanges j’ai un devis définitif qui comporte le kit complet de pose des 6 panneaux, un onduleur, un coffret de protection et de quoi faire la pose sur le toit. Je donne le feu vert à Benoît qui reçoit également trois autres commandes des participants au stage. Cela lui permet de faire une commande groupée pour 4 installations dans le Trièves.

Jour J- 57

Je dépose une Déclaration Préalable de travaux à la Mairie de Chichilianne

Jour J- 55 à -45

Tout le matériel des 4 installations est livré chez moi. Chaque installation étant particulière, j’ai beaucoup de mal à former les lots de chacun. Heureusement Benoît me liste les items de chacun : tout est fourni, des vis aux câbles électriques ou aux panneaux proprement dits, sans compter les systèmes de rails qui supportent sur le toit les panneaux. Capucine, Christian et Patrick viennent prendre livraison de leur lot.

Jours J- 30 à -10

Je prépare le montage des deux rails et supports sur tréteaux : pas de difficultés majeures malgré la longueur : 7 m environ. Puis le montage électrique s’avère un peu plus difficile. Première chose à faire : trouver la prise de terre de la maison et tirer un fil jusqu’à celle-ci. Cette terre sera reliée à tous les appareillages et aux panneaux.

Puis il faut définir l’emplacement de l’onduleur, pas trop éloigné des panneaux. La descente des câbles de courant continu s’avère un peu plus délicate, elle se fera par l’extérieur sur les murs , il faut donc prévoir une goulotte. Le câblage des connecteurs fournis dans le kit s’avère plus difficile pour un débutant comme moi et deux s’avéreront ratés lors de la mise en service !

Jour J-1

Mon fils, Thierry, arrive de Toulouse pour nous aider et faire le tour critique de ce que j’ai préparé. Les deux rails de 7 m de long sont posés sur le toit à l’aide de deux échelles

Jour J=0, le 17 septembre 2021

C’est le grand jour de mise en route. David et Benoît arrivent entre 9h et 10h (je n’ai pas l’autorisation familiale de monter sur le toit !). Ils soulèvent les tuiles introduisent les crochets et les vissent sur la charpente. Une fois les rails fixés, les 6 panneaux sont posés un à un, reliés entre eux en série. Quand tout est posé, Benoît s’aperçoit que les griffes de mise à la terre de chaque panneau ont été oubliées, oubli vite réparé !

Pendant ce temps, Thierry perce le mur et la toiture pour tirer les deux câbles de courant continu jusqu’à l’onduleur. Vers 13 heures tout est prêt pour relier l’ensemble.  A l’instant où le dernier connecteur est branché, grosse déception : pas de courant ! Heureusement une heure après et le re-cablage de deux connecteurs, le premier courant est produit et injecté dans la prise 220V de notre maison, prévue à cet effet.

Jours qui suivent

Thierry et moi, nous mettons pas mal d’heures à relier l’antenne wifi de l’onduleur à la boite internet de la maison puis au site du fabricant de l’onduleur. Après plusieurs essais nous avons enfin un premier graph de la production de la journée : nous constatons un arrêt intempestif de production dû à une mauvaise connexion du fil de 220V entre l’onduleur et la boite de sécurité, encore une réparation à faire !

Les deux premiers jours le temps est couvert et la production est de l’ordre de 400 Watts. Pas de quoi pavoiser ! Puis le temps se met au beau et la production monte vers 2 kW pendant quelques heures, pour finalement obtenir une énergie quotidienne de 10 kWh. Par temps couvert celle-ci tombe à 2 kWh. Je remarque cependant que je pourrais faire mieux si je coupe deux épicéas qui font ombre avant le coucher du soleil !

Il ne reste plus qu’à ajuster le plus possible la production et la consommation, ce qui n’est pas une mince affaire et ne sera jamais réalisé parfaitement. Je vais par exemple équiper mes chauffe-eaux de programmateur horaire pour chauffer au maximum de production uniquement (9h -14h). Si l’adéquation ne se fait pas, le surplus de production s’en va sur le réseau et alimente mes voisins, ou bien dans l’autre sens, le surplus de consommation est décompté sur mon compteur. La première fois où j’ai vu mon compteur à zéro alors que le chauffe-eau et la machine à laver étaient en route, j’étais content !

Le bilan financier, tout compris m’aura coûté 2000 euros pour une production de l’ordre de 6 à 10 kWh par jour. Comme nous sommes en saison intermédiaire ce rythme doit être proche du rythme moyen actuel, j’attends donc environ 2900 kWh annuel. Bien sûr une partie sera cédée gratuitement, mais qu’importe !

La pose de ces panneaux m’aura appris à critiquer la façon d’utiliser mes appareillages et à en optimiser la consommation. Ce qui va également contribuer à diminuer ma note d’électricité.
La Convention de production avec ENEDIS est en cours de finalisation, rendez-vous donc dans un an pour un bilan annuel…

Merci à Benoit sans qui tout cela n’aurait pas vu le jour.
 
Alain Bourret

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